Paul
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Inscr. le: 06. Fev 2006
Lieu: Normandie
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C'est vrai qu'il n'y aucune statistique fiable concernant ces drames familiaux...Pour cerner le problème, j'ai retrouvé un article de La Dépêche du dimanche sous forme d'interview d'une psychanalyste dont voici un extrait : " Sophie Marinopoulos est psychanalyste et clinicienne à Nantes. Elle est l'auteur de « La vie ordinaire d'une mère meurtrière» (éd. Fayard). LA DéPêCHE DU DIMANCHE : Des parents qui tuent leur enfant, parfois leur conjoint, et qui se suicident ensuite. Comment analyser ces drames familiaux ? Sophie MARINOPOULOS : Souvent, d'un point de vue social, on a affaire à des gens « ordinaires» extérieurement, M. ou Mme Tout le monde. Mais il y a une autre réalité, psychologique et cachée. Il s'agit de personnes qui arrivent à l'âge adulte, qui sont parents et qui sont immatures, fragiles, vulnérables, dans le sens où ils ne se sont pas construits dans la solidité. Leur personnalité est confondue avec l'Autre. Il y a toujours un bout d'eux dans l'Autre. En particulier dans la vie affective. Ils attendent de l'Autre qu'il vienne tout réparer, l'enfance mal construite, malmenée, cahotique, mais pas forcément violente. Leur attente est surdimensionnée. DDD : Ils craignent surtout de perdre l'Autre… S.M. : C'est leur angoisse fondamentale parce qu'en le perdant, ils se perdent eux-mêmes. Ils ne pensent pas l'absence, leur vie affective et parentale est un décor de carton pâte. Avec l'éclatement du couple, ils perdent celui sur lequel ils ont tout misé. Ils perdent aussi les enfants. En les tuant, ils les gardent définitivement, psychiquement. Il s'agit généralement de parentsassez présents, qu'on ne peut pas prendre en défaut. Mais ils ne considèrent pas leur enfant comme une personne. Même s'ils n'en ont pas conscience, il est pour eux un morceau d'eux, une sorte de béquille, comme l'est leur partenaire. Etant, avec la séparation, dans la désillusion, la trahison, ils tuent parfois l'un et l'autre, et ils se tuent eux-mêmes… DDD : Qu'il s'agisse d'un homme ou d'une femme ne change rien ? S.M. : Du côté social, on peut trouver, bien sûr, plus de femmes qui quittent leur conjoint en embarquant leur enfant, et du coup mettent l'homme en grande difficulté, le poussant à passer à l'acte. Mais la quête de ces personnages, l'angoisse de la séparation, une angoisse existentielle, première, qui les amène à la destruction, on la retrouve autant chez les hommes que chez les femmes. On est dans la même altération psychique. " Pour en revenir plus particulièrement au drame de Fontenay-sous-bois, la famille de la maman assassinée porte plainte parce qu'elle estime que la Justice n'a pas assez prévenu suffisamment l'irréparable malgré les appels répétés de la mère sur la violence de son compagnon...C'est effectivement un autre angle du problème. Bien que le père ait été déjà condamné à quelques mois avec sursis et interdiction de se présenter au domicile de la mère de son enfant, comment évaluer la dangerosité et prévenir un comportement qui pourrait aller jusqu'à l'homicide ? Selon moi, si la vérification est faite qu'il peut y avoir un risque sérieux de conflit, qui plus est, lorsqu'un enfant est en jeu lors d'une séparation, le Juge des affaires familiales devrait enjoindre les parents à une obligation de soins ( une petite thérapie en quelque sorte ) pour aider à traverser une période douloureuse et surtout protéger les enfants qui sont quant à eux, les principales victimes...
Et l'on ne s'entraînera plus à la guerre.
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